Megaupload, le plus grand site de téléchargement illégal

 

 

La guerre au téléchargement illégal est déclarée

La justice américaine a ordonné la fermeture du site Megaupload.com

Megaupload, le plus gros site de téléchargement au monde, a été contraint de fermer ses portes. Ses quatre responsables, dont le fondateur Kim Schmitz, alias Kim Dotcom, surveillés par le FBI depuis un an, ont été arrêtés hier en Nouvelle-Zélande et risquent désormais vingt ans de prison. Le coup de filet, qui met fin à l’une des entreprises les plus prolifiques de l’histoire de la piraterie virtuelle, a suscité de nombreuses réactions. Le collectif des Anonymous a ainsi immédiatement lancé des attaques ciblées. Nicolas Sarkozy a, lui, salué la fermeture de la plate-forme et de tous les sites liés à celle-ci.

L’acte d’accusation, est sévère pour le site basé à Hongkong : violation de droits d’auteur, mais aussi association de malfaiteurs, racket et blanchiment d’argent! Longtemps protégés par le statut d’hébergeur de leurs sites, les responsables de Megaupload se sont fait coincer à cause des énormes profits tirés de leur activité, quelque 175 millions de dollars (135 M€), au détriment des ayants droit des œuvres piratées à hauteur de « plus d’un demi-milliard de dollars », selon les autorités américaines. Les perquisitions menées hier par la police néo-zélandaise dans les demeures du fondateur Kim Dotcom, un Allemand de 37 ans, viennent confirmer le train de vie princier qu’il s’offrait avec ses associés. Plusieurs voitures de luxe ont été saisies et 11 millions de dollars néo-zélandais (6,83 M€) ont été gelés sur des comptes bancaires.

 

C’est une activité ancrée dans les habitudes de nombreux internautes. C’est un coup d’épée dans l’eau dans une guerre stérile engloutissant beaucoup d’argent dans les procédures, comme pour les fermetures de Kazaa ou de Napster. La disparition de Megaupload va profiter à d’autres sites illégaux. Mediafire, Rapidshare, Badongo ou encore zShare risquent bien de voir leur fréquentation monter en flèche. Le sort de ces autres sites dépend de la volonté de certains gouvernements, celui des Etats-Unis en tête, de poursuivre ou non la guerre. Reste que les pirates, qui maîtrisent parfaitement les nouvelles technologies, ont toujours un temps d’avance.Ils peuvent par exemple brouiller les pistes et empêcher de remonter jusqu’aux serveurs ou aux ordinateurs.

En France, la loi s’est dotée d’un outil, l’Hadopi, pour débusquer les utilisateurs du « peer-to-peer » (usager à usager), mais pas encore pour empêcher les réseaux de téléchargements directs. Télécharger ou regarder un film est illégal si celui-ci est protégé par des droits d’auteur, mais reste impuni. Cette technique est d’ailleurs l’une des plus prisées, et a profité de « l’effet Hadopi ». Megaupload avait, par exemple, explosé après la mise en place de la loi Hadopi, passant de 350000 visites d’internautes français en août 2008 à plus de 7,4 millions en novembre 2010, selon le cabinet de mesure d’audience sur le Net Comscore.

 

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