Les premières images du Sofitel

Vidéo extraite des caméras de surveillance du Sofitel de New York, le 14 mai, depuis la sortie de Dominique Strauss-Kahn de l'hôtel à 12h27 jusqu'à l'arrivée de la police à 14h10.

Quelques heures après l'enregistrement de ces images, l'ex-directeur du fonds Monétaire International sera arrêté à l'aéroport JFK et ce sera le début de l'affaire DSK, accusé de viol par une femme de chambre de l'hôtel, Nafissatou Diallo.

 

Sur ces images, on voit d'abord DSK sortir de l'ascenseur du Sofitel d'un pas tranquille, régler des formalités à la réception, payer sa note, sans qu'on puisse toutefois lire les traits de son visage puis sortir de l'hôtel avant de héler un taxi, sans précipitation apparente, à côté d'un portier.

Juste avant de s'engouffrer dans le véhicule, il saisit son téléphone pour appeler sa fille. La scène dure au total 2 min 55, et DSK est visiblement calme, peu pressé.

 

Sur un deuxième extrait de la vidéo, à 12h51 - soit 45 minutes après l'agression présumée de DSK - on aperçoit Nafissatou Diallo sortir de l'ascenseur, accompagnée par l'une de ses responsables et par un agent de la sécurité. L'agent passe alors un coup de téléphone depuis la réception à un interlocuteur inconnu. A 12H53, Diallo, sa responsable et deux agents de sécurité se retrouvent dans un couloir de service de l'hôtel. La femme de chambre est assise, à l'écart, et attend 8 minutes avant de pouvoir livrer son récit. A 13h04, on la voit mimer l'agression. Elle fait alors de grands gestes au fond d'un couloir en se touchant la poitrine, devant les trois employés du Sofitel, rejoints par un autre agent de sécurité, un certain Adrian Branch. C'est lui qui composera le 911 à 13h33 pour les prévenir qu'une employée affirme avoir été victime d'une agression sexuelle.

Dans la scène suivante, les deux agents de l'hôtel, Brian Yearwood et Derrik May se mettent à l'abri des regards, dans leur local de sécurité, discutent quelques instants avant de se jeter dans les bras l'un de l'autre en dansant. Cette fameuse «danse de la joie», troublante, dure environ douze secondes. Et c'est justement cette séquence, décrite notamment par le journaliste américain Edward Epstein, qui est au centre de la théorie du complot.

La direction du groupe Accor a d'ores et déjà réagi à cette diffusion. «L'idée que ces vidéos établissent l'implication d'Accor dans un complot est un non-sens» a déclaré la chaîne d'hôtel à BFM.

Pour les avocats de la plaignante, les vidéos constituent «une nouvelle preuve» que leur cliente «dit la vérité» affirment Douglas Wigdor et Kenneth Thompson dans un communiqué rédigé à New-York.

Dans ces vidéos, Nafissatou Diallo «mime devant sa supérieure et des agents de sécurité comment il (DSK) l'a poussée dans le couloir de sa suite» de l'hôtel, soulignent les hommes de loi. «Aucune théorie du complot infondée ne change rien à ce fait très important», assurent-ils. 

 

 

Nouvelle vidéo de DSK au Sofitel de New York

La danse de la victoire. C’est la partie la plus intrigante des bandes vidéo. A peine le coup de fil passé à la police, Derrick May et Brian Yearwood quittent le couloir et s’isolent dans une salle. Ils discutent puis semblent se mettre à fêter quelque chose. Lors de cette séquence de treize secondes, les deux hommes se prennent dans les bras, exécutent quelques pas de danse. Pourquoi ? La direction du Sofitel avait dans un premier temps évoqué un résultat sportif pour justifier la scène de liesse. Les intéressés disent aujourd’hui ne pas se souvenir du motif mais affirment que ce moment de joie n’avait rien à voir avec l’affaire DSK, dont ils ne connaissaient pas, d’après la direction d’Accor, le « statut politique »


Que s'est t-il réellement passé, entre le 13 et le 14 mai dernier, au Sofitel de New York où Dominique Strauss-Kahn, alors patron du FMI et chouchou des sondages pour la présidentielle de 2012 en France, a été accusé de viol par une femme de chambre de l'hôtel, Nafissatou Diallo?

La première scène est prise devant le hall de l'hôtel. DSK est sur le point de débarquer. On voit Brian Yearwood (NDLR : directeur technique, un des deux "danseurs") attendant devant le Sofitel, puis il tend un portable au voiturier qui écoute l’appareil pendant quelques instants avant de le rendre à son propriétaire. Un peu plus tard, DSK sort du taxi jaune new-yorkais et se dirige vers l'hôtel, traînant sa valise à roulettes. Brian Yearwood est toujours là. A nouveau, posté dans un coin au moment où le DSK est à la réception. Puis le suit du regard dans le couloir au moment où DSK gagne probablement l'ascenseur....

 

Brian Yearwood présent aux moments clés

 

L'hebdomadaire Le Nouvel Observateur souligne d'entrée que ces images «ne prouvent certainement pas qu'il y a eu complot contre DSK» mais s'interroge en revanche sur la présence de ce fameux Brian Yearwood «à deux moments clé des événements» qui ont conduit à la chute de DSK. Le même homme assistera à l'entretien entre le chef de la sécurité

du Sofitel et Nafissatou Diallo avant l'appel à la police new-yorkaise.

La théorie du complot a été plaidé dans les médias par le biographe (officiel) de DSK, Michel Taubmann relayé aux Etats-Unis par le journaliste Edouard Epstein.