Sénat: les très hauts salaires du cabinet de Larcher épinglés

 

 

Le site Médiapart qui s'est procuré des fiches de paye souligne que les dépenses en personnel du président du Sénat ont augmenté de 26%.

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Le président du Sénat Gérard Larcher

Le site d'information Mediapart a épinglé lundi 11 avril les dépenses en personnel du cabinet du président du Sénat Gerard Larcher (UMP), en augmentation de 26% par rapport à son prédécesseur avec de très hauts salaires allant jusqu'à plus de 19.000 euros net par mois.

Interrogée par l'AFP, la présidence du Sénat a indiqué lundi après-midi n'avoir "aucun commentaire à faire" sur ces informations.

Selon le site qui publie une copie de deux fiches de paye, la rémunération mensuelle des membres du cabinet de la présidence atteint une moyenne de 8.500 euros net.

 

Promoteur de la rigueur

 

La rémunération du directeur de cabinet est de 19.154 euros net imposable par mois, celle de la conseillère presse de 10.880 euros (contre 6.229 euros sous Poncelet), précise le site.

 

Le conseiller aux Affaires sociales, entreprises et formation professionnelle touche 8.788 euros (contre 5.378 euros sous Poncelet) et un conseiller spécial, 8.029 euros, auxquels s'ajoute sa pension de fonctionnaire retraité du Sénat de 11.715 euros, affirme Médiapart. Les dépenses en personnel du cabinet ont atteint 2.826.610 euros en 2010 soit une augmentation de 26% entre 2007 et 2010, assure le site. Le président Larcher, qui a succédé en 2008 à Christian Poncelet alors au coeur d'une polémique sur le train de vie luxueux du Sénat et l'attribution notamment d'un appartement à vie, a fait du retour à la rigueur son axe principal de communication avec certaines mesures d'économie. Il a aussi lancé une réforme administrative du Sénat avec une réorganisation du travail qui a provoqué un fort mécontentement au sein du personnel.

Prime aux sénateurs : Larcher veut finalement la faire annuler

Après l'avoir défendue mercredi, le président du Sénat, Gérard Larcher, a souhaité l'annulation d'une prime exceptionnelle de rattrapage de 3 500 euros des sénateurs.

Quelque 3 500 euros juste avant de partir en vacances, ça peut aider... C'est la bonne surprise qu'ont eu les sénateurs fin juin, une prime exceptionnelle de rattrapage qui fait depuis polémique. Indue pour beaucoup, elle a d'abord été défendue mercredi par le président du Sénat, Gérard Larcher. Il en souhaite finalement l'annulation jeudi. 

«Cette décision (NDLR : de verser la prime) suscite interrogations et débats, je les comprends et les partage. Je souhaite donc l'inscription de ce point à l'ordre du jour de la plus prochaine réunion du Conseil de Questure pour une annulation», explique-t-il. Gérard Larcher avait été saisi par le président centriste de la Commission des Finances Jean Arthuis. Ce dernier, ainsi que la sénatrice PS Nicole Bricq et le président du groupe Union centriste François Zocchetto avaient annoncé un peu plus tôt qu'ils refusaient de percevoir cette prime et la remboursaient.

 

«Ce n'est pas un bon signal»

 

«Je ne comprends pas cette décision de la questure, dans le contexte actuel, ce n'est pas un bon signal, j'ai décidé de rembourser cette indemnité», avait déclaré le sénateur de la Mayenne. Il a envoyé une lettre au président du Sénat demandant l'annulation de cette décision «qui attente à notre crédibilité, à celle du Sénat, à donc à celle de l'Etat tout entier». «Comme on dit en Mayenne, quand on balaye l'escalier, on commence par les marches du haut», a-t-il commenté.

«Je considère que c'est une prime indue», a de son côté souligné Nicole Bricq, sénatrice de Seine-et-Marne. «Nous n'avions rien demandé, cela m'a beaucoup surpris. Cette prime est totalement malvenue, quand bien même s'agirait-il d'un rattrapage», a renchéri François Zocchetto.

 

«Rattrapage exceptionnel sur un complément d'indemnité»

 

La prime incriminée est précisément de 3 531,61 euro. Il s'agit d'une prime versées aux sénateurs correspondant, selon un document de la questure, «à un rattrapage exceptionnel sur un complément d'indemnité représentative de frais de mandat (IRFM)».

Mercredi soir, sur Public Sénat, Gérard Larcher avait défendu cette prime, indiquant qu'il s'agissait de «la revalorisation d'une indemnité liée à l'exercice du mandat», une indemnité qui n'avait pas été revalorisée depuis trois ans et qu'au finale, il s'agissait d'un rattrapage équivalant à quelque «98 euros par mois». «La démocratie, ça a aussi un prix ! Il faut que des parlementaires soient indemnisés», avait lancé le président de l'institution, soulignant qu'il «existe la même chose à l'Assemblée nationale (et) dans le Parlement allemand».

Un sénateur touche une indemnité de base mensuelle de 5 514,68 euros bruts, à laquelle s'ajoute une indemnité de résidence de 165,44 euros et une indemnité de fonction de 1 420,03 euros, soit 7 100 euros brut au total. A cette somme s'ajoute l'IRFM (indemnité représentative de frais de mandat) d'un montant de 6 240,18 euros par mois au 1er mai 2011, destinée à «faire face aux diverses dépenses liées à l'exercice du mandat».