Renault ouvre un nouveau pôle (emploi) au Maroc
Chômage en France
Nicolas Sarkozy propose de "créer un nouveau système dans lequel l'indemnisation ne sera pas une allocation que l'on touche passivement, mais la rémunération que le service public de l'emploi versera à chaque demandeur d'emploi en contrepartie de la formation qu'il devra suivre".
Dans le détail, il indique que passé un délai "de quelques mois","toute personne au chômage sans perspective sérieuse de reprise d'emploi devra choisir une formation qualifiante. Celle-ci sera définie par un comité national qui identifiera, avec des chefs d'entreprises et des syndicalistes, les secteurs d'avenir créateurs d'emplois. A l'issue de cette formation, qui sera obligatoire, le chômeur sera tenu d'accepter la première offre d'emploi correspondant au métier pour lequel il aura été nouvellement formé."
Cette réforme pourrait être soumise à référendum : "Si un consensus se dégage parmi les partenaires sociaux, ce ne sera pas nécessaire. Mais, si les intérêts catégoriels s'avéraient trop puissants, il faudrait sans doute réfléchir à l'opportunité de s'adresser aux Français pour qu'ils donnent leur opinion sur ce système d'indemnisation du chômage et sur la façon dont on doit considérer le travail et l'assistanat."
Délocalisation des emplois
Les coûts salariaux seront plus de quatre fois inférieurs au salaire minimum français, de quoi alimenter la polémique suscitée par les "délocalisations".
L'ex-ministre de l'industrie Christian Estrosi a accusé jeudi Renault de "jouer contre la politique du gouvernement et contre l'industrie française". Dans un communiqué, le député-maire UMP de Nice juge "normal qu'une entreprise automobile, qui souhaite conquérir des nouveaux marchés, construise des usines dans des pays émergents". "En revanche, il est dangereux et insoutenable pour notre pays que Renault, dont l'Etat est le premier actionnaire, réalise du dumping social au Maroc (smic à 240 euros net par mois) pour produire des voitures destinées à l'Europe et à la France", dénonce-t-il.
Nous n'aurons bientôt plus le choix !
Quelques réactions : tollé à gauche
Un projet qui remet radicalement en cause le système actuel: les demandeurs d'emploi sont tenus de rechercher un travail et d'accepter les offres correspondant à leur projet, sous peine de radiation temporaire après deux refus « sans motif légitime » d'offres « raisonnables ». Il sera débattu, dit Sarkozy, avec les partenaires sociaux, sans qu'aucun calendrier n'ait pour l'instant été fixé. Seule certitude: ce ne sera pas avant le scrutin présidentiel. Si ces négociations échouent, ce qui est probable, « il faudrait sans doute réfléchir à l'opportunité de s'adresser directement aux Français pour qu'ils donnent leur opinion sur ce système d'indemnisation du chômage et sur la façon dont on doit considérer le travail et l'assistanat ». L'idée de ce référendum suscite un tollé au sein de l'opposition.
Pierre Laurent, secrétaire national du PC, estime qu'à « toutes les mesures anti-sociales déjà annoncées, le président en ajoute une particulièrement grave: l'obligation qui sera faite aux chômeurs, en contrepartie de la fin du versement de leurs indemnités, d'accepter le premier et n'importe quel emploi précaire et sous-payé ».
François Delapierre, directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, il s'agit de la « manipulation grossière d'un président à l'agonie. Sarkozy se moque du peuple! ».
Benoît Hamon considère que Nicolas Sarkozy est « champion quand il s'agit de brandir le glaive face aux plus vulnérables ». Le chef de l'État, s'indigne-t-il, est « dans la stigmatisation des chômeurs » et entend « faire reculer le chômage en supprimant les chômeurs des listes ».
Eva Joly, candidate d'Europe Écologie-Les Verts, accuse, quant à elle, Nicolas Sarkozy de « braconner sur les terres de la droite extrême » en faisant « passer les salariés sans emplois pour des feignants. Après avoir fait exploser le chômage, il souhaite mettre en place le travail forcé ».
François Bayrou, leader du MoDem, a qualifié de « pernicieuse » l'idée du chef de l'État d'organiser un référendum sur les indemnisations des personnes sans emploi. « Si on veut mettre le pays à feu et à sang en faisant des chômeurs des ennemis publics, en leur faisant porter scandaleusement le poids des difficultés du pays, on fait courir les plus grands risques à la solidarité qui seule fait les pays en bonne santé ».







