EDF veut alourdir notre facture de 30% d'ici 2015

Le prix de l'électricité en France augmentera légèrement cet été et pas avant, a déclaré mercredi le ministre français de l'Energie, Eric Besson.

Il a assuré que le gouvernement n'étudiait aucune hausse importante des tarifs, après des informations de presse faisant état de la proposition par EDF d'un dispositif qui conduirait à une hausse de 5,1% à 6,5% par an des factures des particuliers jusqu'à 2015.

"A l'été, pas avant l'été, il y aura une légère augmentation des tarifs de l'électricité. Légère, légère, rien à voir avec ce que vous évoquez", a dit Eric Besson lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

"Le gouvernement s'attachera à la protection du pouvoir d'achat des Français. Nous n'avons que deux préoccupations: la compétitivité de notre industrie, le pouvoir d'achat des Français, a-t-il ajouté. Le gouvernement n'étudie aucune hausse importante des tarifs de l'électricité."

Selon le quotidien Les Echos, EDF a l'intention de présenter sous peu son plan quinquennal au gouvernement. L'entreprise publique envisagerait de doubler le rythme des augmentations annuelles d'ici 2015. Objectif: parvenir à une augmentation de 30% sous cinq ans. Il s'agit pour EDF de financer le développement des énergies renouvelables et les investissements dans le parc nucléaire.

Besson: « Une hausse inéluctable »

Actuellement, la facture des Français s'alourdit en moyenne de 1% à 3% chaque année depuis 2007. Si le plan était entériné, la hausse passerait à 5% ou 6% annuels.

La balle est maintenant dans le camp du gouvernement, à qui il incombe légalement de trancher. Le ministre de l'Industrie, Eric Besson, indique qu'il n'a pour l'heure reçu aucune demande précise en ce sens. Mais en février, ce dernier parlait d'une « hausse inéluctable » de notre facture. Reste à savoir quel moment choisira l'exécutif pour rendre publique la décision, dans un contexte social déjà chargé par les hausses de prix du carburant et du gaz.

 

 

EDF va revendre son électricité à 42 €

Henry Proglio, le patron d’EDF a remporté le bras de fer contre ses concurrents.

Et le grand vainqueur est : EDF! Selon certaines informations, l’électricien français a obtenu aux forceps la possibilité de revendre un quart de son électricité nucléaire historique à… 42 € par mégawattheure (MWh). 40 € dès le 1er juillet prochain, et 42 € au 1er janvier 2012, dans le cadre de la loi Nome, qui réorganise le marché français de l’électricité.

Cette loi impose en effet à EDF l’obligation de revendre à ses concurrents (GDF Suez, Direct Energie et autres Poweo) un quart de l’électricité produite par ses 19 centrales nucléaires à un prix fixé par le gouvernement (l’Arenh, pour accès régulé à l’électricité nucléaire historique). Une véritable bataille s’était engagée ces derniers mois entre ces nouveaux venus et le mastodonte historique. Les premiers n’en voulaient pas plus de 36 €/MWh. Henry Proglio, le patron d’EDF, parlait lui de « pillage » en dessous de 42 €, justifiant ses exigences par des investissements d’entretien et de renouvellement du parc nucléaire « considérables », autour de « 8 Mds€, rien qu’en France, en 2011 ». Paul Champsaur, l’initiateur de la loi Nome, a donc tranché dans son rapport remis hier au gouvernement. Eric Besson, le ministre de l’Energie, a rendu les conclusions publiques ce matin dans les médias, en précisant que les calculs avaient été effectués avant la catastrophe de Fukushima, mais que celle-ci ne devrait pas avoir de conséquence sur le parc nucléaire français. Goliath a gagné contre David. La nouvelle n’est pas forcément de bon augure pour les consommateurs.

Ce prix de l’Arenh pourrait, d’une part, mettre en danger les opérateurs alternatifs, et fausser donc la concurrence. Et d’autre part faire augmenter mécaniquement les tarifs de l’électricité, entre 28% et 37% entre 2011 et 2015.

 

 

Ce que coûte à la France l'intervention en Libye

Combien coûte à la France l'intervention militaire en Libye ? Voilà la réponse du ministère de la Défense: « L'aspect financier n'est pas aujourd'hui une priorité; la priorité est la protection des civils ». S'il est de notoriété publique que l'argent est le nerf de la guerre, parler gros sous dans l'armée n'est pas chose facile. Pourtant, le budget de la Défense était en 2010 le quatrième de France, avec 32 milliards d'euros (dont 570 millions dépensés dans les opérations extérieures).

Rafale: 11.000 à 13.000 euros l'heure de vol

Comme toute opération militaire à l'étranger, l'engagement français en Libye coûtera cher. Principale source de dépenses: les moyens aériens. Outre les avions de surveillance radar, les appareils de ravitaillement et les traditionnels Mirage 2000, la France est la seule armée du monde à utiliser le Rafale, fabriqué par Dassault. Une heure de vol coûte entre 11.000 et 13.000 euros, sans compter le prix du carburant. Donc sans comptabiliser les onéreux allers-retours quotidiens entre la métropole, d'où décollent les chasseurs, et les zones d'intervention. Le calcul comprend notamment l'amortissement de l'achat de l'appareil et le prix de son entretien. Lors des trois premiers jours de l'engagement français en Libye, les Rafale ont effectué 400 heures de vol. Facture: entre 4.5 et 5.2 millions d'euros en 72 heures.

250.000 euros par missile envoyé

Mais le plus cher se trouve sans doute accroché sous les ailes de l'avion: les missiles. Ceux utilisés sont facturés 250.000 euros... pièce. On est néanmoins très loin de la facture d'un Tomahawk américain (missile air-sol tiré à 112 reprises rien que samedi soir) dont l'addition se monte à 650.000 dollars l'unité.

L'arrivée dans les eaux libyennes du porte-avions Charles-de-Gaulle devrait, certes, alléger les charges pour l'aviation. Or, le bâtiment lui-même et ses 2.000 membres d'équipages, a lui aussi un coût. Mais il est extrêmement difficile à établir.